III.LES CONDITIONS D’EXPANSION DES FOURMIS :
III.LES CONDITIONS D’EXPANSION DES FOURMIS :
A) Une résistance hors du commun
Les fourmis, présentes depuis plus de 100 millions d‘années, sont parmi tous les habitants de la Terre, ceux qui ont le mieux réussi, n’en déplaise aux hommes.
Elles occupent un nombre record de niches écologiques.
On peut les trouver dans les steppes désertiques, aux confins du cercle polaire aussi bien que dans les jungles équatoriales, les forets européennes, les montagnes, les gouffres, sur les plages des océans aux abords des volcans et jusqu’à l'intérieur des habitations humaines (on en a même trouvé jusqu' au fond d’une grotte de 22 km de long en Asie du Sud est). Elles sont des millions de milliards d‘individus, il n’existe pas un kilomètre de terre ferme exempt de fourmis.
La fourmi est l’individu qui a bâti le plus de villages sur la surface du globe.
Elle a su s‘adapter à tous les prédateurs et à toutes les conditions climatiques :
Pluie, chaleur, sécheresse, froid, humidité, vent.
La fourmi se distingue de la majorité des insectes vivants, par son incroyable mode de société, dans laquelle chacun des individus est amené à remplir un unique rôle dans le but de perpétuer l‘espèce.
C'est ce sentiment de vivre pour les intérêts de la fourmilière avant celle de l’individu, qui a permis cette réussite exemplaire et d'être présentes sur toute la terre comme nous avons pu le souligner dans le II.
Une estimation du nombre de fourmis vivant aujourd’hui sur terre à un instant donné est environ 10 millions de milliards d'individus. Les fourmis constitueraient 1 à 2 % du nombre d'espèces d'insectes, mais près de 20% de leur biomasse!
Chaque individu ne pèse que de 1 à 10 milligrammes, mais leur masse cumulée dépasserait celle de l'humanité. Environ 12 000 espèces de fourmis sont répertoriées en 2007, mais on en découvre régulièrement, essentiellement en zone tropicale et dans la canopée (qui n'est explorée que depuis quelques dizaines d'années).
Seules 400 espèces sont connues en Europe, alors qu'on peut en compter jusqu'à 40 espèces différentes sur un seul mètre carré de forêt tropicale en Malaisie (668 espèces comptées sur 4 hectares à Bornéo, et 43 espèces sur un seul arbre de la forêt péruvienne amazonienne, soit presque autant que pour toute la Finlande ou les îles Britanniques).
Environ huit millions d'individus ont été comptés sur un hectare d'Amazonie brésilienne, soit trois à quatre fois la masse cumulée des mammifères, oiseaux, reptiles, et amphibiens vivant sur cette surface.
Elles jouent un rôle majeur dans le recyclage des espèces et dans la formation et la structuration des sols. Plusieurs espèces vivent en symbiose avec des bactéries, des champignons, des animaux (papillons ou pucerons par exemple) ou avec des arbres ou des fleurs.
Chaque fourmi a un comportement stéréotypé, c’est-à-dire qu’elle répond par des automatismes aux stimulations du milieu mais qu’elle est le plus souvent incapable de s’adapter à des stimulations nouvelles, comme nous avons pu le constater dans nos expériences, sauf évidemment à l’échelle de l’évolution et au niveau collectif ou l’intelligence de groupe prône sur l’individualisme ce qui permet aux fourmis de se sortir de situations nouvelles et à risque. (Confer expérience)
La résistance des fourmis (ainsi que tous les insectes) aux températures extrêmes ainsi qu’au risque de déshydratation est aussi remarquable que leur force physique. Pour s’en convaincre, il suffit de constater leur formidable adaptation aux dures conditions de vie dans les déserts chauds. Sous nos climats, à midi et en plein été, elles font partie des rares animaux encore actifs.
Là encore, la cuticule joue un rôle fondamental. Sa couche la plus externe est constituée d’une substance, appelée « cire », si fortement imperméable à l’eau qu’une épaisseur de quelques millièmes de millimètres lui suffit à remplir son rôle. Les fourmis économisent aussi l’eau en excrétant une urine totalement solide, sous forme de cristaux d’urates. Cependant certaines se passent de boire en utilisant les molécules d’eau libérées à partir de l’utilisation de leurs aliments. Notons que la respiration est, elle aussi, adaptée à une économie d’eau.
Les fourmis sont capables de résister aux températures les plus basses : insectes «ectothermes», c’est-à-dire dont la température corporelle dépend de la température extérieure, leur activité est conditionnée par cette dernière. Pour affronter la mauvaise saison, elles ont développé des formes de résistance.
B) Un comportement opportuniste de chasseur :
Les fourmis sont considérées comme des insectes zoophages (qui se nourrissent d’animaux), elles mettent au point de redoutables comportements prédateurs qui laissent peu de chance à leurs proies et leur assurent un repas régulier.
Prenons exemples des Fourmis de la famille des Dorylinées, appelées « Fourmis chasseresses », qui vivent en Afrique et en Amérique du Sud. Elles se fixent sur un territoire et, après l’avoir dévasté, deviennent nomades. Elles forment alors des colonies de plusieurs millions d’individus qui marchent en formation serrée. Les soldats, de plus grosse taille et armés des mandibules les plus puissantes, ouvrent la marche et couvrent les flancs. Au milieu de la colonne progressent les ouvrières. Avant l’attaque, les Fourmis encerclent leur proie, puis fondent sur elle. On a vu ainsi un Buffle de 400 kg dépecé en quelques heures.
Si tous les individus d'une même fourmilière sont unis entre eux par les liens d'une véritable amitié, il n'en est pas de même de ceux appartenant à des fourmilières différentes bien que de la même espèce et encore plus des fourmis d'espèces distinctes. La règle est l'hostilité mais quelque fois des alliances sont créées. L'inimitié, chez les insectes, se traduit soit par des luttes individuelles, soit par des guerres générales.
Généralement, les fourmis attaquent et se défendent en mordant en frappant à coup de mandibules et, pour certaines espèces, en projetant de l'acide formique (fomicinae) qui fait fondre la chitine des insectes, ou d'autres substances pouvant engluer un adversaire, ou encore en piquant à l'aide d'un aiguillon (qui chez quelques espèces reste piqué avec la glande à venin dans la peau de la victime).
Remarque : Certaines expériences actuelles ont révélé que les Fourmis d’argentine, de différentes fourmilières et élevées dans différents pays sont acceptées par d’autres colonies de fourmis d’argentine.
Luttes individuelles:
Dans les combats singuliers, les deux adversaires se saisissent par un membre et cherchent mutuellement à s'entraîner, à se terrasser, à se percer de leur aiguillon (si c'est le cas) ou à s'asperger de leur acide; s'ils ont eu le temps de se préparer à l'attaque, ils se précipitent l'un sur l'autre et essaient de se saisir par le dos ou par le thorax, puis, si l'un des deux réussit, il fait glisser ses mandibules jusqu'au cou de sa victime et s'efforce de la décapiter.
Voici la formule organique de l’acide formique :
